300.

Hier, j’ai pensé à toi plus que dans toutes mes autres vies. Je ne sais pas pourquoi, d’ailleurs. Peut-être est-ce parce que mon cerveau s’entête à créer des liens avec ma vie actuelle. Reliant ma vie d’antan (à tes côtés) à celle que je vis présentement. Pourtant, je suis mieux maintenant — mieux que je ne l’ai jamais été, en fait — qu’avant. Parce que tu n’es plus dans ma vie. Tu n’as plus l’immense satisfaction de me voir à tes pieds, rongée par le remords et tes reproches silencieux. Tu n’as plus de pouvoir. Je ne suis plus aveugle; j’ai recouvré la vue. À un prix. À un tel prix que j’ai probablement perdu une partie de mon humanité sur le champ de bataille, mais je suis plus vivante munie de cicatrices que morte explosée par les mines de ta colère. Ton champ de colère ne me poursuit plus dans mes pensées éveillées, et je ne rêve presque plus à la guerre. Je ne me ronge plus les mains d’anxiété. Je suis en mesure de respirer sans à-coups inquiétants. Je crois que tu as perdu.
Pour toutes les autres qui me suivront, j’espère qu’elles sauront se montrer plus fortes. J’espère qu’elles sauront voir au-delà de tes charmes apparents. Parce que tel un serpent, tu t’insinues dans la tête des gens plus vite qu’ils ne sauraient voir. Et je tiens à éviter de telles douleurs à d’autres. Plus particulièrement à moi-même.

Sur le chemin…
Je n’ai pas encore rencontré d’autre univers. Du moins, pas encore digne de partager des moments avec moi. Je dois dégager quelque chose qui semble être un avertissement
(DANGER! À NE PAS CONSOMMER AVANT LE XX/XX/2012)
Peut-être est-ce un mal pour un bien, en fin de compte. Je ne suis pas prête à miser, de toute façon. Pas encore. Je n’ai pas trouvé de cheval de course digne de porter ma marque. Ou peu importe comment vous préférez que je l’appelle. Elle n’a pas encore de nom, de toute façon. N’en portera sûrement pas avant quelque temps (voire beaucoup de temps). La seule chose dont je peux être certaine, c’est que je ne confondrais plus «amour» et «passion». Car si le premier est constructif et sain, le second, si la posologie n’est pas suivie à la lettre (c’est-à-dire pas plus que 2 fois par semaine), peut devenir poison redoutable.
La seule personne à laquelle je m’autorise à m’attacher est moi-même. Ça peut paraître égoïste, voire narcissique, mais je crois fermement qu’il faut se refermer sur soi-même, telle une coquille afin d’être capable d’en émerger et de submerger toutes les peurs sous la douceur d’un être.
Juste être quelqu’un d’unique et de différent parmi une masse de quelqu’un d’unique et de différent à de quoi rendre schizophrène n’importe qui. Je ne me targue pas de pratiquer la folie à temps partiel, mais je crois juste qu’il est impossible de se démarquer, ne serait-ce qu’un peu, des autres. Il faut juste suivre son «chemin» en espérant que pas trop de monde l’auront piétiné…

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299.

coming back is fine
as long as you don’t stay
in the same place
in the same bed
with the same..
veins
waiting
wondering
why? oh why
my heart’s pounding so LOUD
so LOUD it whispers
my name
as your blood
runs down
my thighs..

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298.

le son se propage dans mes oreilles brûlées
pourquoi de telles notes ne peuvent-elles pas s’harmoniser?
je ne comprends pas, pourquoi dois-je tout extérioriser?
pourquoi ne suis-je pas capable de tout refouler?
conserver précieusement
mes diamants
denrées asphyxiées
contre un soleil levant
soupirant

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297.

i am
i am
i am
i am
I am
i AM
I AM
i am
I am.

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296.

pourquoi ne peux-ton pas
juste vivre
au lieu de constamment chercher à
se justifier?
pourquoi les mots s’enroulent-t-ils dans ma gorge?
cherchant à m’étouffer
alors que ce n’est pas de mots dont je veux m’abreuver
mais de ton regard dans le mien
je veux m’inonder de tes yeux
m’y asphyxier
m’oblitérer
en silence
le silence
de ma torpeur
moite

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295.

So we’re about to linger on
We drink the fatal drop..

But is it really the fatal drop? Because from what I’ve witnessed, I never died from any of the cutting-edged words you spat at me. I never even flinched. Yet, every time, I relapse. I do it again. I press my precious nostril against the plastic of my red straw and inhale the powdered wonders of snow… As I do it, an immense feeling of bewilderment strikes me — here you are, watching my every move. It seems to me that you were only gone for a second. Yet you were there, all the time.
Now I just have to find the right switch to bring you back to life.

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294.

je ne suis plus que vapeur
engourdie de torpeur

clichés et lieux communs

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293.

le noir n’est plus.

à chaque jour un songe se meurt en toi

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292.

You’re the strangest feeling I ever had.
The strangest feeling.
You’re the strangest feeling I ever had.
The strangest feeling.

Shine on me. Sodium light baby.
Shine on me. Sodium light baby.
Shine on me. Sodium light baby.
Shine on me. Sodium light baby.

— The The “Sodium light baby”

The lesbian “urge to merge” is strangely shrouding upon me, as I lay in the scent of my bed. Restless I am, because I let myself be misguided by your dichotomous behaviours. You’re afraid yet you keep yanking your chain, waving at me, trying to attract my attention. Too often, you are the centre of my ravenous attention. You are at the centre, as always. As usual. Using me. User friendly. You’ve uttered words of wisdom. Well at first it seemed like wisdom, but as the clouds cleared off, their true nature appeared: fear. You’re a product of fear. You’re led by it, while it’s supposed to be the other way around. But this time, I won’t look away. I’ll look it square in the eye and tell it to fuck off. Even so, you’re too much of a pussy to admit the truth.
I get up and take off the bedspread, erasing you once and for all.
Once.

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291.

moins qu’hier
pas plus qu’aujourd’hui
probablement pas mieux que demain
je vais
menée par ce démon
aux milles yeux
rougis par la foudre des larmes
je mène un combat
sans armes
dénuée d’ailes
car je ne suis plus moi
je suis seulement un mot
une lettre
un gisement
carbone 14 en otage
relique d’une image
que je n’ai pu abattre
d’un seul coup d’ego
mais qui, pourtant, a flashé
l’instant d’un mouvement
son œil giclé sur moi
mieux que demain
je vais
où se situe
le lien
que je le rompe?

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