arrêter la machine

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l’heure ne tourne plus
mais tu tournes encore
draps trempés de sueur
l’odeur du dernier cauchemar encore présente
de plus en plus difficile de s’exprimer

il faut mettre la distance nécessaire entre le soi et l’objet afin d’être capable d’en pénétrer les barrières et de discuter de ce qui ne va pas. mais ce n’est jamais facile. les mots se forment dans l’esprit, le cerveau tourne et spinne à 130 km/h, mais la bouche, les lèvres et la langue ne peuvent se résoudre à libérer ce qu’il veut communiquer. les cordes vocales demeurent immobiles, de toute façon.
la peau te pique, tu t’efforces de ne pas gratter, car sinon ça serait jusqu’au sang. il ne te reste plus de sourcils à force de les gratter et de les arracher à cause du stress. l’intérieur des joues mangé. la mâchoire serrée tellement fort que tu peux presque entendre tes dents se plaindre. la roue tourne dans l’engrenage, et tu ne trouves plus le bâton pour l’arrêter. tu ne peux que constater, sans pouvoir rien y faire, sa puissance à déchirer le peu de peau qu’il te reste dans ses dents d’acier. tirant encore et toujours plus fort alors que tu te tords de douleur.

il faudrait pour ça savoir comment arrêter la machine. mais une fois lancée, tu oublies comment on fait pour l’arrêter.

les instructions sont floues, la mémoire boiteuse. et l’intention mal placée.

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