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Hier, j’ai pensé à toi plus que dans toutes mes autres vies. Je ne sais pas pourquoi, d’ailleurs. Peut-être est-ce parce que mon cerveau s’entête à créer des liens avec ma vie actuelle. Reliant ma vie d’antan (à tes côtés) à celle que je vis présentement. Pourtant, je suis mieux maintenant — mieux que je ne l’ai jamais été, en fait — qu’avant. Parce que tu n’es plus dans ma vie. Tu n’as plus l’immense satisfaction de me voir à tes pieds, rongée par le remords et tes reproches silencieux. Tu n’as plus de pouvoir. Je ne suis plus aveugle; j’ai recouvré la vue. À un prix. À un tel prix que j’ai probablement perdu une partie de mon humanité sur le champ de bataille, mais je suis plus vivante munie de cicatrices que morte explosée par les mines de ta colère. Ton champ de colère ne me poursuit plus dans mes pensées éveillées, et je ne rêve presque plus à la guerre. Je ne me ronge plus les mains d’anxiété. Je suis en mesure de respirer sans à-coups inquiétants. Je crois que tu as perdu.
Pour toutes les autres qui me suivront, j’espère qu’elles sauront se montrer plus fortes. J’espère qu’elles sauront voir au-delà de tes charmes apparents. Parce que tel un serpent, tu t’insinues dans la tête des gens plus vite qu’ils ne sauraient voir. Et je tiens à éviter de telles douleurs à d’autres. Plus particulièrement à moi-même.

Sur le chemin…
Je n’ai pas encore rencontré d’autre univers. Du moins, pas encore digne de partager des moments avec moi. Je dois dégager quelque chose qui semble être un avertissement
(DANGER! À NE PAS CONSOMMER AVANT LE XX/XX/2012)
Peut-être est-ce un mal pour un bien, en fin de compte. Je ne suis pas prête à miser, de toute façon. Pas encore. Je n’ai pas trouvé de cheval de course digne de porter ma marque. Ou peu importe comment vous préférez que je l’appelle. Elle n’a pas encore de nom, de toute façon. N’en portera sûrement pas avant quelque temps (voire beaucoup de temps). La seule chose dont je peux être certaine, c’est que je ne confondrais plus «amour» et «passion». Car si le premier est constructif et sain, le second, si la posologie n’est pas suivie à la lettre (c’est-à-dire pas plus que 2 fois par semaine), peut devenir poison redoutable.
La seule personne à laquelle je m’autorise à m’attacher est moi-même. Ça peut paraître égoïste, voire narcissique, mais je crois fermement qu’il faut se refermer sur soi-même, telle une coquille afin d’être capable d’en émerger et de submerger toutes les peurs sous la douceur d’un être.
Juste être quelqu’un d’unique et de différent parmi une masse de quelqu’un d’unique et de différent à de quoi rendre schizophrène n’importe qui. Je ne me targue pas de pratiquer la folie à temps partiel, mais je crois juste qu’il est impossible de se démarquer, ne serait-ce qu’un peu, des autres. Il faut juste suivre son «chemin» en espérant que pas trop de monde l’auront piétiné…